Du Village Imaginaire de Roger Mucchielli

au Village Thérapeutique

 

Son origine : le test du Village Imaginaire de Roger Mucchielli

 

Roger Mucchielli a mis en place dans les années 60 un test projectif de la personnalité, le Village Imaginaire (VIM).

L’exercice est simple, le sujet doit construire un village imaginaire dans lequel il habite.

Pour cela, il dispose d’un plateau tableau 80cm/80cm (70/70 pour les enfants), de craies, de pâte à modeler et de 300 éléments (bâtiments, maisons, personnages, animaux, véhicules…). Puis à la fin de la construction, une série de questions lui sont posée pour comprendre et commenter sa production.

S’inspirant directement des travaux de Arthus et Mabille, il a développé sa propre théorie de passation et d’interprétation de cet exercice.

Il s’inspire de la phénoménologie et voit dans la construction du village un espace vécu subjectif, représentant nos relations aux choses et aux êtres de notre monde. Il parle de Monde Vécu.

Le village est :

  • Une topographie fantasmatique où les distances, les reliefs, les obstacles et les ponts ont une signification subjective,

  • Un espace imaginaire, vécu, dont on se doit de faire une analyse phénoménologique Une analyse liée à la richesse et la variété des manifestations vitales individuelles

Roger Mucchielli a tout d’abord conçu cet exercice pour y percevoir les problématiques et conflits de la personne. Sa méthode est donc une méthode d’interprétation projective face à une construction statique. Il prend en compte la signification des éléments, des personnages, et surtout l’organisation de l’espace.

 

Naissance de l’orientation thérapeutique

 

Toutefois, il a naturellement perçu le potentiel thérapeutique de son exercice. Lors de son expérience, il a observé la vertu « cathartique » de cette construction, et surtout la possibilité thérapeutique qui en résulte.

Il n’a pas poursuivi personnellement ce travail, et c’est une de ses élèves Yvonne Denis, qui a mis en place la méthode thérapeutique du Village Itératif. Ce travail s’est effectué au sein de l’association ARPEJ. Mais depuis 1999, il n’existe plus de publications ou de travaux officiels au sujet du village imaginaire.

Au départ édité par l’EPA (puis l’ECPA), le VIM a été un temps édité par une maison d’édition suisse.

Il est à présent introuvable.

 

Le village, équivalent joué du Rêve Éveillé Phénoméno-Existentiel

 

Nous nous sommes inspirés du travail de Roger Mucchielli, en conservant l’essence de l’exercice. Nous avons modifié le contenu, pour y ajouter des éléments favorisant la production.
Il a alors proposé le travail sur la production elle-même. Le travail avec le patient se fait sur la production même. L’hypothèse de travail qui se vérifie dans la pratique est que la réorganisation de l’espace vécu du village entraîne un bénéfice dans la vie du patient. Sans jamais influencer ou diriger, c’est au patient lui-même d’entrevoir la modification possible et surtout la nature de cette modification.

Nous abordons la construction du village, comme une séance d’hypnose. Roger Mucchielli évoque lui-même une « dissociation », qu’il décrit comme celle qui se produit lors d’une séance d’hypnose.

Nous évoluons avec le patient au sein du village, comme nous le faisons au sein du rêve éveillé phénoméno-existentiel, dans une interaction onirique avec le patient.

Ce n’est plus une construction statique équivalente à un test projectif, mais un travail sur la dynamique et le mouvement induit par les éléments du village.

Dans cette perspective, le village est un espace vécu dans lequel se situe notre relation auprès des choses et avec les autres de notre monde. Les deux horizons y sont présents :

  • Intelligibilité : qu’est-ce que je comprends?

  • Possibilités: Quelles sont les actions que je peux avoir?

C’est une orientation qui se pratique avec les enfants, les adolescents et les adultes

 

 

Anna Hamlat

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